dimanche 28 septembre 2014

Notre réalité est la crinière blanche d'une vague déferlant à la surface d'un océan agité de forces mystérieuses 
Nous sommes continuellement créés, détruit et re-créés dans ce mouvement ascendant vers le soleil
Nous rapprochant toujours un peu plus en dansant, nos ailes enflammées, vers cette source de lumière
Feu purificateur à l'origine de la création de tout et rien
TOI c'est MOI
NOUS sommes
Chapeau, mystère

(call my lawyer...)

samedi 27 septembre 2014

Barbie takes a Kali avatar as Argentine artists Marianela Perelli and Pool Paolini, in an exhibition series called “Barbie - The Plastic Religion,” are featuring a Kali version of this popular doll range.

mercredi 24 septembre 2014

“Our music has a fine balance of aggression and sensuality. 
Those two are quite separate on the emotional scale but we seem to make them work.”
—  Chino Moreno

mardi 23 septembre 2014

“At confident moments, thinking on Death
I tell my soul I am ready and wait
While my mind knows I quake and tremble
At the beautiful Mystery of it.”
Bob Kaufman, awe.


lundi 22 septembre 2014

The 8th is the house of death. It might seem paradoxical that in this house we can renew our life; yet there is a connection. According to the Buddhists, nothing gets our spiritual priorities straighter than death. “Keep Death to the left,” the shaman Don Juan advised Carlos Castanada. Acknowledging death can be a powerful means for moving us into present time. Almost universally, those who’ve suffered near-death experiences report that it blessed them with a keener sense of life.

dimanche 21 septembre 2014

everything is sacred
or nothing is

Unholy Missions
I want to be buried in an anonymous crater inside the moon.
I want to build miniature golf courses on all the stars.
I want to prove that Atlantis was a summer resort for cave men.
I want to prove that Los Angeles is a practical joke played on us by superior beings on a humorous planet.
I want to expose Heaven as an exclusive sanitarium filled with rich psychopaths who think they can fly.
I want to show that the Bible was serialized in a Roman children's magazine.
I want to prove that the sun was born when God fell asleep with a lit cigarette, tired after a hard night of judging.
I want to prove once and for all that I am not crazy.

Bob Kaufman
Source : West Coast Sounds




repost

Fin novembre. Le ciel est clair, la lune est pleine et l'air frais de la nuit est revigorant à respirer. D'habitude, je fermerais le bar avec le reste des potes, mais ce soir je pars plus tôt, qu'ils s'arrangent, je ramène la petite Heidi à la maison. Je suis conscient qu'elle peut virer folle braque pour un rien, mais comme elle me tripotait le haut de la cuisse tantôt en me demandant s'il y avait de la place chez nous, pour elle, je me suis dit que depuis le temps que je rêve de la baiser, ça vaut la peine de prendre le risque. Et en plus, le coup est tout à fait cachère, elle vient d'avoir dix-huit ans la semaine passée: «Sur, beau petit cul, viens-t’en, on est juste à l'heure pour prendre le dernier métro !» et on est parti.

À la porte, je lui offre une cigarette et lui tend la flamme de mon briquet, elle se rapproche, prend ma main et s'allume. Elle me remercie, souffle de la fumée par-dessus son épaule et se met à remonter la fermeture éclair de son «bomber» kaki en prenant tout son temps quand elle arrive à la hauteur de ses seins. Je me passe l'index sous le nez en me remplissant d'air les poumons et tout en me mordant la lèvre inférieure et haussant le sourcil, je la mange des yeux. Elle sait très bien ce qu'elle veut et à quel jeu elle joue; elle relève vers moi ses petits yeux de garce, me lance un clin d'oeil crasse et comme elle se descend les mains sur la poitrine, elle penche un peu de côté sa tête et m'envoie un petit sourire en coin style défiant qu'elle seule sait faire et qui lui fait apparaître une petite fossette craquante dans la joue. Petite crisse. Je me racle la gorge et me brasse la tête pour reprendre mes esprits, je me replace discrètement le pantalon parce que je commence à bander comme un cheval et je lui indique du pouce par où il faut aller.
— J'espère qu'on va tomber sur un wagon libre...
Elle siffle en même temps qu'elle souffle la fumée de sa cigarette, elle me regarde de côté et vient se coller sur moi. 

Je n'ai jamais eu de problème avec les skinheads, ils font leurs trucs et tant qu'ils ne viennent pas me chercher, je fais les miens. Je trouve qu'ils ont l'air drôle de tous s'habiller pareil et de se raser le crâne quand il fait moins dix dehors, mais ça ne me regarde pas. Pour ce qui est des racistes et des débiles qui crient Sieg Heil ! ça me passe cent pieds  par dessus la tête parce que je connais autant de wanna-be punks de la banlieue qui sont aussi caves qu'eux. J'ai des potes skins et même des potes blacks qui sont skinheads et quand il vient le temps de se bagarrer avec les cops, de faire éclater des vitrines ou d'incendier des bagnoles pour foutre le bordel dans cette ville de connards, on est tous de la même famille. Et comme il y a plein de belles chicks qui se tiennent avec eux, un gars serait imbécile de s'en priver pour des idées qui ne valent absolument rien dire quand les briques et les cocktails Molotov volent dans les airs et que les sirènes beuglent dans la cité. 

J'ai connu Heidi, il y a près de deux ans. À l'époque c'était une petite punkette qui fuguait à tout bout de champ des familles d'accueil où elle habitait ou des centres jeunesse où on la détenait. Une vraie petite crapule comme dans Dickens et débrouillarde comme quatre. Je l'ai souvent hébergé à la maison, mais je n'ai jamais rien tenté avec elle. Premièrement, elle était trop jeune et surtout, je ne voulais pas qu'elle s'amourache et qu'elle colle, parce que ça aurait pu me valoir des problèmes avec les cops.

L'an passé, la petite s'est fait violer par trois Arabes. Elle faisait la rue, un soir, et ils l'ont attiré dans une piaule à l'autre bout de la ville en lui promettant plein d’argent et de coke et elle s'est laissé embarquer. Deux semaines à l'hôpital. Elle faisait pitié à voir, le visage tellement plein de bleus et gonflé qu'elle était à peine reconnaissable. Et elle n’en est jamais revenue. C'est depuis cette histoire qu'elle s'est rasé le crâne à la Chelsea et qu'elle se tient avec une bande de skins. Je la comprends et ne l'ai jamais jugé et on est toujours restés bon amis. Et en plus, elle est belle à croquer avec sa petite camisole blanche, ses gros seins et ses bretelles rouges. 

C'est un soir de semaine, le trottoir et la rue sont quasiment déserts. On marche sans dire un mot, en se frottant l'un sur l'autre; je l'aime bien la petite et je pense que c'est réciproque, nos corps parlent la même langue. Je lui passe mon bras dans le dos et la prends par l'épaule en tirant pour qu'elle se colle encore plus. Elle se faufile la main sous mon perfecto et vient planter ses ongles dans ma peau. Nos regards se croisent, elle me sourit, je lui montre mes dents et je grogne. En ce moment magique, il serait tout à fait stupide de prononcer une seule parole.

Il ne reste qu'une centaine de pas à faire avant d'arriver à la ruelle qui nous mènera à la station de métro. On passe devant un restaurant chinetoque fermé à cette heure et c'est là qu'on les voit. Trois «preppies» qui fument un joint à l'abri des regards en se cachant dans un coin de l'entrée. Un de dos, un qui est concentré à regarder le bout de ses souliers et le plus grand des trois qui nous fait face. À l'instant il nous aperçoit, le grand se met à rigoler et pointe son joint dans notre direction. Le petit relève la tête, l'autre se retourne et il lui vient l'idée de génie de nous saluer en gueulant Heil Hitler ! et en claquant des talons. Le regard m'assombrit d'un seul coup, je sens les griffes de la petite me descendre le long de colonne et entre mes oreilles j'entends le son grinçant débile que ça ferait si elle venait de faire ça sur un tableau noir. Et avant même que l'autre imbécile ait eu le temps d'allumer et de rengainer son salut au Fuhrer, je lui écrase le nez d'un bon direct de la droite en plein museau. Deux enjambées et toc, tiens chien !

Et la pagaille est partie ! Le salop à qui j'ai écrasé le nez, se tient la face à deux mains en reculant, le grand m'agrippe au collet et m'en place une sur la mâchoire en même temps qu'il me pousse, je perds pied et m'allonge sur le trottoir, mais comme il ne m'a pas sonné, il pleut des poings sur la gueule des deux côtés. Pendant ce temps, Heidi à la vitesse d'une panthère noire a sauté sur le petit et lui décoche un bon coup de genou dans les gosses. Le grand continue de me tapocher dans la face et pendant que je lui donne la réplique du mieux que je peux en essayant de lui en placer une sur l'oreille pour l'assommer, je vois Heidi qui fait valser le petit d'un bord à l'autre en le tirant par le manteau et en le bénissant à grands coups de Cherry Reds.

Le grand et moi continuons de nous colletailler à fond de train et on est maintenant rendus dans le caniveau entre deux bagnoles. Il est encore au dessus de moi et ça me gêne pour lancer mon poing comme il faut, mais le score des taloches est encore égal. Je tente de lui prendre les cheveux d'une main pour lui tirer la tête vers l'arrière et me dégager assez d'espace pour lui en swigner un sur le pif, mais il a les cheveux pleins de graisse et je n'y arrive pas, juste perdre du temps et me prendre d'autres coups sur la tempe. Par à-coups, je peux voir la petite qui continue de taper dans l'autre et de le griffer au visage et ça me réconforte. Le chien est revenu à lui et il vient prêter main-forte à son pote en me donnant des coups de pieds dans les côtes, mais comme il se tient encore le nez avec la main pendant que le sang coule entre ses doigts, ses coups sont plus symboliques qu'autre chose. Puis je l'entends se mettre à crier «Police ! Police !», c'est ma chance, le grand relève la tête pour regarder, je me dégage les mains et je lui plante les ongles de mes pouces dans les yeux en les lui enfonçant dans le crâne de toutes mes forces. Il lâche un drôle de cri parce que ça n'a pas l'air du lui faire du bien et comme il se débat pour se retirer, je vois apparaître la Doc Martens de Heidi qui vient le ramasser en pleine mâchoire. Je lâche prise, son pote le tire par le jacket, l'autre les rejoint et ils partent en courant à toutes jambes. 

Heidi se penche sur moi et me passe une main dans le visage pour vérifier si je suis encore là. Je lui tends mon bras et elle m'aide à me relever. Les cops sont devant le Dunkin'Donut un peu plus loin et n'ont jamais rien vu. Je me suis pris un mauvais coup sur l'oeil et je saigne de l'arcade sourcilière, mais à part ça tous mes morceaux semblent encore être à la bonne place. La petite me refile un mouchoir de poche à motifs western, je me l'applique dans le front et en même temps, les deux, on éclate de rire. Je saisis le col de sa veste, je l'attire à moi et l'embrasse. 
— Viens, belle, on va baiser, j'en peux plus ! 
En guise de réponse, elle grogne à son tour et me prend une grosse mordée dans la joue et main dans la main, on traverse peinard la rue pour éviter de croiser les cops et on s'éclipse par la première ruelle qui se présente.

On a beau tirer et cogner de toutes nos forces, les portes de la station de métro sont bel et bien toutes verrouillées, il est trop tard.  On paye pour avoir fait ce détour par les rues Dorchester et Clark, mais surtout parce qu'on a passé le gros du chemin à se tripoter : dans la cour arrière du Montréal Pool-Room, celle aussi du Café Cléopatre, dans les marches menant à la porte du sex-shop faisant le coin de Ste-Catherine, dans l'escalier métallique descendu de la sortie d'urgence du fuck-hôtel Boléro et ensuite sur le capot d'une vieille Eldorado dans le stationnement qui permet de passer de la rue Clark à la rue St-Laurent.

J'envoie un dernier coup de pied dans une des portes de la station pour la forme, j'agrafe la petite par la manche et je pars à courir en l’entraînant à ma suite.
— Aller, la grande, on retourne sur la rue Ste-Catherine se ramasser un taxi, je suis en feu !
Elle se bidonne comme une folle en se déprenant le bras, me laisse prendre quelques enjambées d'avance et puis elle vient me sauter dans le dos, une main me prenant à la gorge et de l'autre me tirant les cheveux. Je cours toujours et j'essaye de rigoler aussi, comme elle, mais je peine à respirer tant elle m'étrangle presque. Une chose est certaine, elle est carrément en train de me rendre débile.

Elle est accrochée à mon cou et je l'entraine par les ruelles. L'effort, la situation et ma libido dans le rouge, tout s'y met; le coeur me débat dans la poitrine à cent miles à l'heure, la pression me monte à la tête et j'ai l'impression que les «jeans» vont me déchirer d'une seconde à l'autre de sur le dos. Plus on approche du bar d'où nous étions partis, plus on peut entendre la musique et le vacarme de la fête qui bat encore son plein. Elle me mord dans le cou et me souffle comme une bête sauvage dans l'oreille. À un tournant de la ruelle, le dernier avant le bar, je vois se pointer la pleine lune entre les buildings et il me passe par l'esprit que dans un instant il va me pousser des crocs, des griffes et de la fourrure tellement je suis à un poil de virer totalement cinglé.

J'écume comme un animal, la coupure au-dessus de mon oeil saigne encore à plein, j'ai la moitié du visage ensanglantée et tout d'un coup, synchronicité totale, magie lunaire ou quelque explication du genre, la petite comme si elle venait de lire dans mes pensées, s'arrache de mon dos en me passant par-dessus l'épaule et vient se planter droit devant moi. Ses doigts encore enfoncés dans ma gorge et me tirant toujours par les cheveux de l'autre main, elle fixe dans les miens ses yeux brillants d'animalité et comme une chasseresse fondant sur sa proie elle vient déposer ses lèvres brûlantes sur les miennes et m'embrasse de toutes ses forces. Ça y est, je n'en peux tout simplement plus. Tilt ! Les plombs viennent de me sauter dans la tête et le feu vient de prendre dans la cabane !

Nous nous étreignons avec une telle violence qu'on dirait deux bêtes enragées qui combattent au corps à corps, mais il n'en est rien, chacun de notre côté essayons d'arracher à l'autre ses vêtements pour l'embrasser, le lécher, le mordre et s'en régaler. J'ai à peine conscience de la façon dont tout se déroule à partir d'ici, mais j'entends le son que fait mon chandail qu'Heidi déchire pendant que je l'entraîne dans un coin sombre entre deux conteneurs pour la dévorer comme le loup affamé d'elle que je suis.  Elle couine, je grogne, elle me plante ses crocs dans la peau du cou, j'hurle, elle chiale et je fais sauter le bouton de son «jeans». Et de la sono du bar nous parvient la voix d'Iggy qui chante :

And now I'm ready to close my eyes
And now I'm ready to shut my mind
And now I'm ready to feel your hands
And lose my heart on the burning sands

And now I wanna be your dog
And now I wanna be your dog
And now I wanna be your dog
Well come on !!!

...

Les chiffres lumineux rouges sur le cadran dans ma bibliothèque marquent presque treize heures, je viens de me réveiller. J'ai l'impression d'avoir rêvé, mais ça ne dure pas très longtemps. J'ai mal partout, j'ai la main droite tout enflée bleue et jaune à la jointure du poignet et après m'être trainé jusqu'à la toilette pour pisser, je m'aperçois que j'ai un bout de ruban électrique noir collé au-dessus de l'oeil, les cheveux d'un côté de la tête pleine de sang séché et un peu partout sur le corps des marques de griffes et de morsures. C'est plutôt rare que des traces comme celles-là apparaissent à la suite d'un rêve.

Je ne trouve Heidi nulle part. Je suis seul et me les gèle atrocement et puis ça me revient. Je ne trouvais plus mes clefs quand nous sommes arrivés ici à la fin de la nuit et pour entrer dans la maison, j'ai dû défoncer la porte à grands coups de savates. Je vais vérifier et c'est bien ce que je croyais, le plancher du hall d'entrée est plein d'éclats de verre et à la place d'une vitre dans ma porte, il y a maintenant un grand trou par où le vent de novembre s'engouffre pour congeler la maison. Il faudra que je répare.

Je m'habille, mais je ne retrouve plus mon perfecto. Je vais à la cuisine pour me préparer un café et c'est alors que je comprends ce qui est arrivé ce matin, avec la petite. Sur le coin de la table, il y a une assiette avec un bout de pain dedans et une tasse vide à côté; accroché au dossier d'une chaise, son «bomber» avec dans le dos, une grande croute de sang et de bave. Je ne peux pas m'empêcher de sourire devant ce tableau pendant qu'un paquet de flashes me reviennent à l'esprit.

Les manches de son blouson sont trop courtes pour moi, mais je n'ai rien d'autre à porter alors je fais avec. Je casse la croute, j'avale un café et m'installe pour réparer mes dégâts et boucher le trou dans la porte d'entrée. Le hasard faisant bien les choses, j'ai justement un grand morceau de contreplaqué qui traîne sur le balcon d'en arrière qui fera l'affaire après lui en avoir enlevé une petite partie à l'égoïne. Je sors les clous et mon marteau et je m'attelle à l'ouvrage et en moins de deux j'ai une belle porte flambant neuve et la température de la maison commence à remonter à la normale. Ma journée est faite, il ne me reste plus qu'à retourner au centre-ville pour rejoindre les potes.

Le ciel est bleu, le soleil est sur son trente-six et le vent me fait sur la joue comme chapelet de petites gifles douces. Du bout du pied, je balance en bas du balcon les quelques éclats de verre qui sont tombés à l'extérieur. Je donne un coup d'épaule dans le morceau de contreplaqué pour vérifier s'il tient bien en place et je prends une seconde pour admirer mon travail de bricoleur. C'est presque parfait, mais il y manque encore la touche finale. Je sors mon crayon-feutre et l'agite pour bien faire descendre un max d'encre dans la pointe et de ma plus belle écriture de punk, je signe mon chef-d'oeuvre en grosses lettres bien voyantes : 
POST NO BILLS !

samedi 20 septembre 2014

Deftones - Adrenaline (1995)
Slade Rules !!!