lundi 27 juin 2016


Be yourself, 
be penetrating, 
and don’t fuck around.


Lester Bangs


Joan Colom
Semaine Sainte 1958


dimanche 26 juin 2016



Dillinger è morto (1969)
Stephanie Chernikowski, 1977

I suspect almost every day that I’m living for nothing, I get depressed and I feel self-destructive and a lot of the time I don’t like myself. What’s more, the proximity of other humans often fills me with overwhelming anxiety, but I also feel that this precarious sentience is all we’ve got and, simplistic as it may seem, it’s a person’s duty to the potentials of his own soul to make the best of it. We’re all stuck on this often miserable earth where life is essentially tragic, but there are glints of beauty and bedrock joy that come shining through from time to precious time to remind anybody who cares to see that there is something higher and larger than ourselves. And I am not talking about your putrefying gods, I am talking about a sense of wonder about life itself and the feeling that there is some redemptive factor you must at least search for until you drop dead of natural causes.

Psychotic Reactions and Carburetor Dung
Lester Bangs

Joan Colom - 1958
Berkeley Barb (1969)


samedi 25 juin 2016


Ecrire, maintenant, uniquement pour faire savoir qu'un jour j'ai cessé d'exister; que tout, au-dessus et autour de moi, est devenu bleu, immense étendue vide pour l'envol de l'aigle dont les ailes puissantes, en battant, répètent à l'infini les gestes de l'adieu au monde.

Edmond Jabès
Le prix d'une parole n'est pas la certitude qu'en s'imposant elle marque, mais bien au contraire le manque, le gouffre, l'incertitude contre lesquelles elle se débat.

Edmond Jabès
Pour Edmond Jabès, ce qui est tu, dans ses livres, est plus important que ce qui est dit. Et ce qui est dit n’est jamais qu’un prolongement de ce qui est tu. Le désert, du sable à l’infini, est ce rien sur lequel il édifie ses livres. Car ce qui compte, c’est d’abord le manque, l’inaccompli, la rupture, l’incertitude, le doute. Pour lui, toute réponse est insuffisante. C’est la question qui importe, et qui remet constamment tout en question. La question primordiale étant de savoir comment parler de ce qui ne peut être dit. Et à partir de là va s’écrire Le Livre des questions, aux sept volumes, comme les sept jours de la création, ou les sept sceaux qu’il faut briser, avant de pouvoir ouvrir le livre.

Être dans le livre. Figurer dans le livre des questions, en faire partie ; porter la responsabilité d’un mot ou d’une phrase, d’une strophe ou d’un chapitre. 
Pouvoir déclarer : 
«  Je suis dans le livre. Le livre est mon univers, mon pays, mon toit et mon énigme. Le livre est ma respiration et mon repos. »
Je me lève avec la page que l’on tourne, je me couche avec la page que l’on couche. 
Pouvoir répondre : «  Je suis de la race des mots avec lesquels on bâtit les demeures »…
Le monde existe parce que le livre existe.



vendredi 24 juin 2016



A peine exprimons-nous quelque chose qu'étrangement nous le dévaluons. Nous pensons avoir plongé au plus profond des abîmes, et quand nous revenons à la surface, la goutte d'eau ramenée à la pointe pâle de nos doigts ne ressemble plus à la mer dont elle provient. Nous nous figurons avoir découvert une mine de trésors inestimables, et la lumière du jour ne nous montre plus que des pierres fausses et des tessons de verre; et le trésor, inaltéré, n'en continue pas moins à briller dans l'obscur.

Le trésor des Humbles
Maurice Maeterlinck
this is England
Mary Tyler Moore

Mon Québec, je l'aime gros comme cela !