mercredi 23 décembre 2009


les poils de ma barbe approchent le demi centimètre de long
cinquième jour de vacances à la Gilligan's Junkyard Island in my brain
encore près de deux semaines avant le retour au travail
si mon plan tient la route, entre ici et le quatre janvier je serai devenu un yéti full patche comme les ZZ Top


un delicatessen upper lower-class (ça veut dire en français que ses vitrines ont pas été vandalisées dans le dernier six mois)
le restaurant est ouvert 24h depuis le treize mars 79, date à laquelle le concierge a perdu les clefs de l'entrée principale
le boss est dans le sud, il verra plus tard qu'il marmonne paresseusement dans un cellulaire en se faisant rouler avec le pouce une grosse bague quétaine dans les poils graisseux de l'index
...
manger un CD d'installation de Words, une chauve-souris bien croquante pour rendre hommage au duo Ozzy-Iomi époque Sabbath et trois disques durs remplis de B-movies, trois-X et mp3 pour, au final, chier un manuscrit d'enfer qui sent la rose sauvage passée au correcteur et tapée à double interligne présentable...ça, ça serait le pied d'une vie ! comme dans les films d'après-midi ou on voit jamais de sang couler et tout le monde il est beau !
tellement beau aussi si je me faisais tatouer Underwood dans le front en lettrage gothique punk de feu

les verseaux ascendant blues trash on aime ça rêver

fuck, j'aimerais ça être un poète écrivain de livres comme les potes
beats me, comment ils font pour produire autant sans se faire sauter la tête
je suis pas allé à l'école longtemps, c'est plein d'aptitudes à la masse production que j'ai pas acquis, je suis déficient à la puissance mach3 au niveau organisationnel et je m'enfarge dans mes pieds quand j'essaye de suivre une cadence
un secret : quand je vais à l'épicerie, les néons me font peur et quand j'entends à l'intercom «code 4 dans la rangée des légumes, code 4», je freake à l'os
bum, on vit entre le mur et la peinture de la société et le moins de vagues on provoque moins on nous dérange, on cherche à s'effacer du portrait de groupe
l'ombre des fois ça reste incrusté dans la peau, on peut craindre la lumière longtemps après
j'ai plus ou moins l'air normal comme ça, une fois douché, brossé et habillé et que je me force à me comporter civilement, mais mon crâne, après 500 mots, est sur le bord d'exploser si je le cogne pas dans un mur de briques de toutes mes forces
ils ont pas une job de jour en plus ?
comment ils font pour payer les factures ?
mon père il disait que c'est no future le salaire d'un artiste
ils vivent comment ?
de truandes, d'extorsions et de trafics malhonnêtes ou quoi ?
ils ont des chicks qui bossent pour eux ? ils sont des pimps ? rentiers ou riches héritiers qui jouent au bridge le dimanche ?
des organisations secrètes de mongols de l'espace aux intentions pas claires les financent  ?
fuck, man
beats me right off of my shoes
comment ils arrivent à mater leur sensibilité écorchée vive et leur ADD d'échappé d'asile pour sortir assez d'écriture au compte du jour sans avoir a se tirer le vaisselier et le lustre par la fenêtre ?

faudra qu'on m'explique comment c'est possible
on devient humble et tout réceptif comme le proverbial terreau fertile quand on est enfoncé dedans jusqu'aux essieux
et en attendant de m'y remettre, pour relaxer une coche parce que j'ai tendance à m'emporter facilement quand je décolle, je vais lire un recueil de nouvelles zen que j'ai reçu par la poste
vous auriez du voir le facteur avec son accoutrement kaki de démineur et une poignée-rallonge pour tenir le colis comme si c'était une bombe qu'il venait déposer dans ma boite à lettres, touchant
ça s'appelle Le Pays ou la Mort est moins chère
Thierry Marignac est l'auteur, c'est publié chez Moisson Rouge, une boite à polars undeurground au pays des euros
sur l'internet ils disent que c'est un fêlé de mercenaire de la plume et qu'il peut possiblement devenir dangereux
et comme toutes les excuse que je peux trouver pour farnienter au lieu d'écrire sont bonnes
que c'est un pote à qui, après tout, ça a bien couté un timbre au prix d'une consommation
je prendrai surement le temps de vous en pondre un gentil papier quand j'en aurai fini

mais je vous avertis à l'avance, je suis aussi nul qu'un manche de pioche en lecture et rédaction, alors pour ce papier on me donne jusqu'à minimum septembre prochain pour une ébauche de début de premier jet sinon je sentirai la pression
je froisse sous pression




(Go Yétis !)

2 commentaires:

Tanya a dit...

Salut Pat and Merry Xmas from your
furry pal!

Pat Caza a dit...

Youre my favorite hamster
have a good time too !!!
thanks
Patrick