mardi 22 décembre 2009

RIP

J'appuyais sur le bouton et elle restait là, silencieuse avec une coulisse de débordement brunâtre sur le bord du filtre et sa lumière rouge allumée qui indiquait ON. Elle me regardait tel un animal pris dans un piège à qui on doit tordre le cou pour l'achever et mettre ainsi fin à son calvaire. Voulais plus.
Ma cafetière a rendu l'âme, hier. L'élément aura cramé, j'imagine, ou bien c'est une soudure dans le filage qui s'est tiré une balle dans la tête. Qu'en sais-je ? Je ne lui ai pas déboité les tripailles électriques pour vérifier, je n'y connais rien et j'ai mieux à faire que de jouer à l'autopsie. C'est un spectacle assez désolant à voir comme ça. Je préfère la laisser refroidir tranquille avant les funérailles. Pauvre petite, elle en aura eu assez de sa vie de maitresse de caféinomane.
J'irai la jeter dans la poubelle de la Ville au coin de la rue quand je sortirai plus tard. Je lui chanterai Danny Boy et ferai bruler un lampion pour que le dieu des électroménagers accueille son âme et borde son petit cul de nouilles de paix éternelle.

2 commentaires:

v. a dit...

Il faut lui tirer le portrait avant séparation.

Pat Caza a dit...

c'est fait