mardi 25 octobre 2011



AU COMPTE-GOUTTE
(lick my compte-goutte, motherfuckers !)
part - 1 

J'ai enfilé mes bottes de travail et mon jacket d'automne une quarantaine de minutes plus tôt ce matin. Besoin de m'aérer les esprits, mais surtout aucune envie de me taper la sale gueule endormie du coloc, préférant me barrer avec un vieux bouquin et aller le feuilleter à l'abri d'un porche en grillant des clopes jusqu'à ce que la cloche de l'usine sonne. 
Le plus compliqué fut de solidement lacer mes bottines, les points de suture au bout de mon pouce n'ayant pas tenu le coup, je ne cesse de m'accrocher la coupure vache et de tout saloper de sang avec. 
Sombres et gras derniers milles de nuit d'automne avec un ciel postillonnant une petite bruine agaçante. Je me ravitaille en café au dépanneur du coin et à l'entrée de la station de métro lance un "bien le bonjour" au vieil haïtien m'offrant le journal du matin que je refuse de la main. 
La lumière des néons provenant du quai d'embarquement m'agresse déjà du haut de l'escalier s'y rendant. En le descendant, je me branche des MP3s de Slayer dans les oreilles afin d'aider le café à me kicker un peu plus rapidement dans le système et me donner le courage d'affronter le crowd du matin.
Le premier train n'étant pas encore passé, ils sont tous cordés le long du mur. Des gros, des petits, des vieilles et des jeunes, un éventail de peuple. Certains se beurrent les doigts d'encre à journal, d'autres comme moi, sont accrochés à leur tasse de café, des parapluies dégoutent à leurs pieds, les tronches barbouillées de néons sont lasses, c'est l'automne jusque dans leurs traits et leurs postures.


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