Le traumatisme vécu implique une restructuration de la personnalité et une relation différente au monde environnant. Il laisse une trace qui ne s'effacera pas, mais sur laquelle il est possible de reconstruire. Cette expérience douloureuse de vie est souvent l'occasion d'une remobilisation personnelle. On en ressort plus fort, moins naïf. On peut décider que, désormais, on sera respecté. L'être humain qui a été traité cruellement peut puiser dans le constat de son impuissance de nouvelles forces pour l'avenir. Ferenczi note qu'une détresse extrême peut éveiller soudainement des dispositions latentes. Là ou la perverse avait maintenu du vide peut se produire une attraction d'énergie, comme un appel d'air : "L'intellect ne nait pas simplement de souffrances ordinaires, mais seulement de souffrances traumatiques. Il se constitue comme phénomène secondaire ou tentative de compensation à une paralysie psychique complète." L'agression prend alors valeur d'épreuve initiatique. La guérison pourrait être d'intégrer cet évènement traumatique comme un épisode structurant de la vie qui permet de retrouver un savoir émotionnel refoulé.
Marie France Hirigoyen
p.233

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