Lorsqu'un être franchit les portes de la culpabilité et accepte de rencontrer Seth dans son for intérieur, lorsqu'il cesse de se projeter à l'extérieur en se sentant victime des autres, lorsqu'il reconnait qu'il est son propre bourreau, il est alors conduit à contempler une dépouille. Il sent une odeur nauséabonde. Une déchéance intime s'offre à ses yeux. Il y a de quoi faire vaciller le guerrier le plus courageux. Mais vaciller serait s'apitoyer sur son propre sort. Ici aussi, il faut savoir trancher — ce piège est celui de la tristesse et de la peine, celui du remords et du regret.
Pour franchir le gouffre du regret et de la tristesse, pour ne pas rester prisonnier des odeurs nauséabondes qui montent de la dépouille du passé, pour ne pas sombrer dans une honte paralysante, l'être doit exercer une compassion sans bornes et une bienveillance à toute épreuve envers lui-même. Il doit également, une fois qu'il a réalisé jusqu'à quel point il a su se tyranniser, faire un acte de foi envers sa propre lumière.

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