dimanche 16 février 2014


La bodhichitta est aussi assimilable en partie à la compassion — cette capacité à ressentir la douleur que nous partageons avec les autres. Sans nous en rendre compte, nous nous protégeons continuellement de cette douleur parce qu'elle nous fait peur. Nous dressons des murs protecteurs faits d'opinions, de préjugés et de stratégies, des barrières reposant sur la peur profonde d'être blessé. Ces murs sont renforcés par toutes sortes d'émotions : la colère, la convoitise, l'indifférence, la jalousie et l'envie, l'aroogance et l'orgueil. Mais, heureusement pour nous, ce point sensible — cette capacité innée à aimer les êtres et les choses — est comme une faille dans ces murs que nous avons érigés. C'est une ouverture naturelle dans les barrières que nous créons quand nous avons peur. Avec de l'entrainement, nous pouvons apprendre à trouver cette ouverture. Nous pouvons apprendre à saisir cette instant de vulnérabilité — amour, gratitude, solitude, confusion, inadaptation — pour éveiller la bodhichitta.
Le caractère à vif d'un coeur brisé peut servir d'analogie pour évoquer la bodhichitta. Ce coeur brisé génère parfois l'anxiété et la panique, ou bien la colère, les ressentiment et le blâme. Mais sous la dureté de cette armure il y a la tendresse que fait naître une tristesse authentique. C'est notre lien avec tous ceux qui ont jamais aimé. Ce coeur authentique de tristesse peut nous enseigner une grande compassion, nous rendre humble quand nous sommes arrogant et nous adoucir quand nous sommes méchant. Il nous réveille quand nous avons tendance à dormir et transperce notre indifférence. Cette douleur sans trêve en plein coeur est une grâce qui, entièrement acceptée, peut être partagée avec tous.
Le Bouddha a dit que nous ne sommes jamais séparé de l'éveil. Même pendant les périodes où nous nous sentons le plus coincé, nous ne sommes jamais étranger à l'éveil. C'est une affirmation révolutionnaire. Même des gens ordinaires comme nous, avec nos blocages et notre confusion, ont cet éveil qu'on appelle bodhichitta. L'ouverture et la chaleur de la bodhichitta sont en fait notre nature véritable et notre condition. Même quand notre névrose nous semble beaucoup plus importante que notre sagesse, même quand nous nous sentons on ne peut plus perdu et désespéré, la bodhichitta — comme le ciel ouvert — est toujours présente, inaltérée par les nuages qui la recouvrent provisoirement.

Pema Chödrön

I believe that Jesus was not a more important teacher than Buddha, and that neither Jesus nor Buddha is more important than any individual.

Larry Flynt

Zen teachers have an excellent method of dealing with students who start comparing themselves to Buddha or God [after their early enlightenment experiences, says Ken Wilber]. “They take the stick and beat the crap out of you. And after five or ten years of that, you finally get over yourself”




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