« Vive l’art dégénéré ! ». C’est le titre d’un manifeste de quatre pages en français et en arabe distribué dans les rues du Caire en décembre 1938. Réaction cinglante à l’exposition L’Art dégénéré (Entartete kunst) organisée l’année précédente à Munich par le pouvoir nazi et couvrant d’infamie les expressionnistes, dadaïstes, cubistes et autres avant-gardes du moment accusées de pervertir la culture allemande. « Dans Vienne livrée aux barbares, on lacère les toiles de Renoir, on brûle les ouvrages de Freud sur les places publiques. Les plus brillantes réussites des grands artistes allemands tels que Max Ernst, Paul Klee, Kokoschka, George Grosz, Kandinsky, Karl Hofer (Prix Carnegie 1938) sont mises à l’index et doivent céder la place à la platitude et à l’ineptie de l’art national-socialiste. » Un témoignage de solidarité sans commune mesure avec les tièdes commentaires de la presse française de l’époque. Le texte est signé par une trentaine d’artistes, écrivains, journalistes et avocats, égyptiens ou non-égyptiens, musulmans, chrétiens ou juifs, réunis à l’initiative du poète et critique littéraire Georges Henein (1914-1973).
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